dossiers d'artistes
élodie wysocki
dossier mis à jour le 25/09/2014

Les Darwinettes, résine, fausse fourrure, 195 x 90 x 35 cm, 2014

Galerie Cédric Bacqueville, crédit photo Boris Lafargue

 

 

 

"Le geste est pointilleux, l'artiste travaille le détail. À l'image de l'archéologue qui, lorsqu'il excave les restes momifiés de nos ancêtres, doit s'attacher à lire dans les nervures de la terre l'histoire de ce corps qui n'en est plus un, Elodie Wysocki travaille dans les plis du réel, à la recherche d'une vérité qu'elle pourrait faire sienne. Ses créations questionnent ce corps qui est à la fois immuable (il est notre entité) et insaisissable (il change à chaque instant) - en évolution constante, cellule par cellule, jusqu'à n'être plus qu'un squelette: son état le plus figé. Et, quand Elodie Wysocki s'empare de ce sujet, elle le traite avec toute la sensibilité nécessaire à son évocation: amas de crânes en paraffine et tissus sur bois. Ses sculptures-accumulations ont la douceur du souvenir. On parle ici bien évidemment des grands charniers de l'Histoire Universelle mais aussi, et peut être même plus, de ceux de nos histoires personnelles. C'est qu'il est question de nostalgie, de ce sentiment doux-amer qui nous accompagne après la perte de nos proches et après l'autre mort, la plus petite, celle de l'instant à deux. Il s'agit de constater, dans tous les cas, notre condition d'êtres éphémères, sans prise aucune sur le passage du temps."

 

Clare Mary Puyfoulhoux

extrait de "Le corps et la matière", Boombang, juillet 2012.