dossiers d'artistes
rémi guerrin
dossier mis à jour le 26/04/2011

Strasbourg 2003, tirage pigmentaire au sel de chrome

 

 

 

J’aime progresser suivant l’intensité de la clarté : les espaces, les ombres, les éléments deviennent partie- prenante de la mutation du terrain, de ce que je regarde. Mon travail est orienté sur la transformation d’un territoire en une image simple. Je me situe lors de ma recherche dans un temps et un lieu particuliers, qui m’imposent leur équilibre et leur transparence. 

L’image photographique enregistre un espace conjoint à un vide sur une étendue réduite. Fractions de paysage. Fragmentations de mémoire : repérer, observer, analyser et cibler la div ersité des paysages de l’environnement personnel, proche. Lire ces paysages avec les yeux. Puis les écrire. 

Minéraux, végétaux, matières, formes… Tout ce qui est présent élabore avec l’imaginaire une dimension artistique de l’image.

Déterminer la mémoire et son impact ; le territoire est prétexte à études. Le lieu est aussi un endroit primitif, un espace de jeu, de récréation. Tout lieu peut être vu ainsi. Expérimenter le rapport à l’espace par la trace, la cicatrice, la marque. Une temporalité spatiale perturbée par un décalage. Changer de perspective, se déplacer lentement. Aller au plus profond de l’image, au cœur de sa structure, au centre de son identité. 

Les procédés primitifs que j’utilise (cyanotypes, tirages au charbon) me permettent de rendre plus abordable, plus visible ce que je ressens. Travailler au rythme des saisons, en questionnant le paysage comme présence, appréhender l’échelle des choses en inscrivant la place et la trace de l’homme dans son contexte territorial, arpenter, explorer ce qui est fragile et presque imperceptible.

Remi Guerrin